À la mémoire de mon ami Abiadé Adéwusi

Abiadé Adewusi (Togo)Décédé le samedi 1er juillet 2017, Abiadé Adewusi, président du SARIAC (Togo), joua un rôle clé dans la constitution du groupe africain de la FIM en 1997

Par Roméo Dika, Vice Président de la FIM

Au cours d’un séminaire de l’OMPI organisé à Lomé en 1997, afin de contribuer à la formation de nos organisations nouvelles et inexpérimentées dans de nombreux domaines intéressant notre corporation, Jean Vincent alors, Secrétaire Général de la FIM, nous propose l’adhésion des organisations associatives et syndicales africaines à la FIM.

Alors que les autres Africains, se détournent de cette proposition, Abiadé Adewusi réunit dans un restaurant Mamadou Barry et Ryad Challoub de la Guinée, Ismaël Lo du Sénégal, Valen Guédé de la Côte d’Ivoire et moi-même pour le Cameroun.

Après six heures d’échanges autour d’un « poulet bicyclette », le Togo, la Guinée et le Cameroun décident de rejoindre la FIM. Abiadé Adéwusi est naturellement chargé de coordonner son Comité Africain et nous propose de tenir la première réunion en Guinée en décembre 1997, date à laquelle le groupe africain est officialisé au sein de la FIM.

Que de chemin parcouru depuis ! En 1998, pour la première fois, les organisations d’Afrique participent au Congrès de la FIM qui se tient à Berne. Nous y sommes à trois, Abiadé, Ryad et moi-même. Alors qu’Abiadé doit s’exprimer au nom de l’Afrique, il demande à Ryad de prendre la parole au nom du groupe. Ce dernier est un brillant orateur, le congrès applaudira l’Afrique pendant cinq, je dis bien cinq minutes à la suite de sa prise de parole. Par la suite, le président John Morton nous encourage à présenter un candidat africain à l’élection du Comité exécutif. Ryad s’écrie, « Abiadé, tu dois être notre représentant ! ». Abiadé se retourne et dit, « Ryad tu es directeur du bureau guinéen du droit d’auteur, j’ai trop de problèmes au Togo avec le directeur du bureau du droit d’auteur, Roméo est notre jeune frère, il va nous représenter. »

Abiadé, 1997-2017, vingt ans de complicité. Maître Barry, Abiadé et moi-même avions pris l’habitude de nous consulter, pour partager nos expériences et contribuer à la maîtrise et à l’évolution du Comité Africain de la FIM. Nous avons ensuite été rejoints par Dick Matovu (Ouganda), Banana Shekupe (Namibie), Alhadji Buari (Ghana), Oupa Lebogo (Afrique du Sud) et tous les autres.

Tout au long de notre parcours commun, je ne puis oublier la générosité, la disponibilité, le sens de l’écoute et du partage, la recherche du consensus mais avant tout le sourire et la joie de vivre de mon grand frère Abiadé. Nous ne t’oublierons jamais mon frère.

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